Thies CHRISTOPHERSEN "The Auschwitz Lie" editions "European Struggle", Paris, 1976
The translator of this important brochure is none other than Michel Caignet (born in 1954), an important activist of the 70s and 80s, especially for his numerous editions. This self-published work by himself gave us the goosebumps of the bitter finding that we had been victims of Zionist propaganda all our lives before this renaissance reading! Thies Christophersen was only 55 years old at the time of the first German edition of this booklet. "Although I am only 55 years old, I have no chance of being reintegrated into working life" (op.cit.page 17). Thies Christophersen tells us with an invigorating audacity (at the antipodes of the American Zionist TV and its very old television by-products like the "Holocaust" series of the 70s) that the Auschwitz camp never served as a camp of extermination and that was Birkenau's. His words at the beginning serve as a warning: "This story is written for men who yearn for truth and justice" (op.cit.p.13). "In writings repeated since the 1990s, Robert Faurisson claims that the documentary would say that Auschwitz alone would have made nine million victims" (see the wiki page of the film cited). The Italian writer Carlo Mattogno goes even further, telling us in his book "The first gassing" that it was practiced in Auschwitz after the end of the war. Dirty Liars like Claude Lanzmann (the Jewish director of the television documentary "Shoah"), you are all damned! "I swear to have told the truth if this story could help the young people to gain a bit of respect for their fathers who fought for Germany and were not criminals, that would be enough satisfaction for me" (op.cit. page 28).
"Nessun Dolore" (Aucune Douleur) de Dominico Di Tullio
éditions Auda Isarn, Toulouse, 2011
Ce beau roman écrit par l'avocat de Casa Pound (en hommage à notre Ezra Pound international) de Rome est très bien écrit par Di Tulio et plein de références à la réalité d'aujourd'hui. Traduite en 2011 cette histoire montre que le passé lointain des étudiants gauchistes (comme les NACT, Noyaux Armés pour le Contre-Pouvoir du Territoire)reprend son souffle aujourd'hui par le biais de cette association caricative (pas au send banal du terme) de notre temps. Dignes héritiers du Blocco Studenesco universitaire (de la droite radicale précise l'auteur sur la page 36) ses militans sont le contraire des théoriciens gauchistes du passé "détérminés et guérilleros seulement quand ils écrivent sur les forums ou dans les communiqués de presse (op.cit.page 36).
Pour les "passages à tabac meurtiers" (op.cit.page 73) le numéro 2 de l'association surnommé "Légionnaire" et ami de longue date du Capitaine (le vrai Gianluca Ianone), se trouvera en prison avec des dealers birmaniens qui sont en vérité "des indigènes enfermés dans leurs réserves, survivants de la ruine d'une astronef d'aliens"(op.cit.page 121).
Nous avons été très fiers de lire dans ce beau roman que les mltants fascistes avaient dans le passé d'aventures homosexuelles : dans une salle de sports "le Mac Brûlé" (op.cit.page 106) le narrateur-avocat raconte : "une main caresse la nuque, l'avant-bras de plomb s'appuie sur la clavicule et tu cèdes, tu t'inclines à l'emplacement de l'amant traître" (op.cit.page 107). C'est pour nous le point le plus fort qui transformera l'univers carceral qui suivra comme un moment "sans douleur" du titre. Et la belle façade blanche de l'édifice de la couverture est de marbre blanc éclatant, comme notre race aryenne.
Toute personne qui s’est, de près ou de loin, intéressée un tant soit
peu à l’histoire du national-socialisme a forcément croisé la Société
Thulé à un moment ou à un autre. C’est de cette organisation mystérieuse
dont traite cet ouvrage. Thulé, c’est la patrie pleine de secrets
des Aryens, une prétendue race de surhommes aux capacités presque
divines et aux connaissances inaccessibles à l’homme moderne. Thulé :
rien que ce mot est porteur de magie. Il porte en lui une fascination
irrésistible, éveille des images profondément enfouies dans
l’inconscient : des images de pureté, de grandeur et d’héroïsme, de
représentation mythologique. N’est-il donc pas plausible de dire
d’une organisation qui se donne un nom qui évoque de telles
associations, qu’elle crée un lien avec les forces occultes et les
pouvoirs invisibles ? Tel est l’avis d’une grande partie de la
littérature qui a traité de la Thule-Gesellschaft. Dans ce livre, Detlev
Rose examine ces dires et les confronte à la réalité...
Dans un article précédent, j’avais rappelé l’engouement d’Adolf Hitler et de Heinrich Himmler pour l’écologie. La conservation de la nature et du paysage sont dirigés à partir de 1936 par Hermann Göring, appelé « commissaire en chef pour la protection de la nature ».
Quant à Heinrich Himmler, chef de la SS, il écrit : « À bien y regarder, la chasse c’est de l’assassinat pur et simple… La nature est si magnifique, et, après tout, chaque bête a le droit de vivre. J’ai récemment entendu dire, que la nuit, les moines bouddhistes agitent une clochette pour faire s’écarter de leur chemin les bêtes qu’ils risqueraient d’écraser. Alors que chez nous on marche sur les limaces, on écrase les vers… »
Cette vision idéalisée de la nature engendrera sous le IIIe Reich une importante législation. Mais elle va également constituer l’un des fondements de cette quête de la Race et des origines à laquelle va s’attacher tout particulièrement Heinrich Himmler. Son ambition partagée par Adolf Hitler est alors double : rompre avec le christianisme et aller chercher dans le paganisme des cultes celtes et germano-scandinaves adorateurs de la Nature, un mythe fondateur justifiant la supériorité indiscutable des peuples germaniques.
Au nom de la Nature, ce paganisme identitaire condamne l’universalisme, les Droits de l’Homme, le libéralisme économique, le capitalisme, le marxisme, idéologies toutes issues de la même origine biblique.
De fait, les nazis détestent le christianisme auquel ils reprochent d’avoir imposé l’universalisme, la tolérance et la compassion envers les faibles et les malades.
Selon l’historien Arnaud de la Croix, qui se fonde sur les propos d’Hitler que ses secrétaires Traudl Junge ou Christa Schroeder ont rapporté, il rêve d’éradiquer la religion chrétienne.
En août 1942, il déclare : « Quel besoin avons-nous d’une fable inventée par les Juifs ? En quoi l’histoire de quelques Juifs pouilleux et épileptiques pourrait-elle nous concerner ? ».
Adolf Hitler va être fasciné par la théozoologie du moine cistercien défroqué Jörg lanz von Liebenfels qui fonde l’Ordre du Nouveau Temple et affirme que la seule race pure est la race aryenne.
Dans cette optique, le nazisme n’est pas un mouvement politique, mais une religion, celle de la rédemption raciale, garante de la préservation du sang aryen. Elle magnifie le droit du plus fort et permet une évolution perfectible. D’où ce retour à la Nature et à la sélection naturelle.
« Dans la nature, tout ce qui est inapte à vivre et tout ce qui est faible est éliminé. C’est d’abord l’homme et surtout l’Église qui se sont donnés comme objectif de garder artificiellement en vie précisément le faible, celui qui est incapable de vivre et le médiocre. Le christianisme a retardé le monde de deux mille ans dans son développement naturel ».
Comme le souligne Arnaud de la Croix : « C’est en ce sens, que le nazisme comporte effectivement une dimension nihiliste, puisqu’il doit procéder impérativement à un travail de néantisation ».
L’autre protagoniste de cette refondation, c’est Heinrich Himmler. Recherchée depuis de nombreuses années, la bibliothèque que s’était constituée le chef SS sur les sciences occultes a été finalement découverte à Prague en 2016. 13 000 ouvrages dévolus au complotisme, au paranormal, à la sorcellerie et à l’astrologie.
Ses spéculations pseudoscientifiques vont s’inscrire dans une espèce de folklore gothique pénétré d’un ésotérisme ampoulé et développant les légendes de la Terre creuse ou l’origine extraterrestre de la race aryenne via l’Atlandide.
Heinrich Himmler se considérait lui-même comme la réincarnation d’Henri premier l’Oiseleur, roi germanique du Xe siècle. Selon lui, l’Église catholique romaine soucieuse de dénier à « la race allemande » sa supériorité, aurait diabolisé ses origines et systématisé contre elle des chasses aux sorcières durant tout le Moyen Âge.
Le chef suprême de la SS fonde l’ordre de chevaliers nazis, inspiré de la légende de la Table Ronde. Ils siègent périodiquement au château de Wewelsburg. Il va également mettre en place le « H Sonderkommando », chargé de rassembler tous les documents en lien avec la sorcellerie, l’occultisme et le surnaturel et également l’Ahnenerbe ou Ahnenerbe Forschungs und Lehrgemeinschaft, c’est-à-dire « Société pour la recherche et l’enseignement sur l’héritage ancestral », un institut de recherches pluridisciplinaire très branché sur l’archéologie.
Ce sera finalement en sombrant sous les bombes russes à Berlin que toute cette religion païenne se légitimera dans la grandeur désespérée d’une eschatologie apocalyptique.
Pour en savoir plus : Heinrich Himmler – Esquisses d’une vie (Léon Degrelle, Gebhard Himmler, Edwige Thibaut) aux éditions Déterna, 170 pages, 25,00 €. Pour commander ce livre, cliquez ici.
« Heinrich Himmler – Esquisses d’une vie » : textes de Léon Degrelle, Gebhard Himmler, Edwige Thibaut (Éd. Déterna).
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Cet ensemble d’essais de
l’américain Collin Cleary rassemble de textes publiés entre 2002
et 2009 dans plusieurs revues en papier de son pays. Le traducteur
anonyme nous les traduit pour la première fois dans un ouvrage édité
en France. Nous avons été très surpris par les mots du dernier qui
raconte: « Collin Cleary connaissait assez mal l’hindouisme à
l’époque où il écrivit cet essai » (op.cit.page 37) mais il est
vrai que pourtant son étude est impressionante.
Dans cet ouvrage co-existent les écrits
anciens de Alain De Benoist et surtout son « Comment peut-on être
paien aujourd’hui? » que j’avais emprunté et lu dans une
bibliotheque municipale. La couverture reproduit un très beau dessin
de Kevin Slaughter qui suggère avec son pseudonyme un égorgement
pour les anciennes valeurs : « Les Dieux et les croyances passent
mais les valeurs demeurent » (citation de Benoist reproduite
op.cit.page 90). « La religion védique des Aryens est etroitement
apparentée à celle des peuples germaniques » (op.cit. page 107).
Si nous faisons abstraction de
la reférence et analyse aux dernières pages de la série populaire
américaine ancienne « Le Prisonnier », nous avons apprecié
pourtant l’analyse du même genre approfondie du film « La Taupe »
de Alexandro Jodorowsky, cinéaste chilien et juif qui suggère très
artistiquement « le but est la quête mystique elle-même
»(op.cit.page 200), « l’ idée est de démythifier » (op.cit.
page 201). Une phrase de Collin Cleary qui pourrait servir de
conclusion se trouverait quelques pages avant la fin : « L’intérêt
de l’exercice est que les étudiants laissent aller complètement
leur intellect et s’ouvrent à une exprérience du monde lui-même,
libérés des entraves de la théorie et du langage » (op.cit.page
202).
Cleary nous rappele que « nous
vivons le Kali-Yuga, c’est à dire l’Âge de Fer, l’âge du
déclin » (op.cit.page 202). Notre préférée Savitri Devi avait
utilisé ce terme dans ses essais. L’éditeur américain de
l’ouvrage original Greg Johnson suggère aux lecteurs au début de
faire comme Cleary et voir le monde « contre le temps »
(op.cit.page 16).
Prenons d’abord quelques exemples a contrario pour montrer comment la religiosité indo-européenne ne s’exprime jamais, de manière à pouvoir reconnaître ultérieurement comment elle s’exprime spécifiquement, de la façon la plus pure et la plus indéterminée. Je tenterai, dans la mesure du possible, de faire abstraction du contenu de la religion de chaque peuple indo-européen pris en particulier et de décrire seulement les sentiments caractéristiques communs qui président au face-à-face de l’homo indo-europeanus avec le divin, quelle que soit la forme dans laquelle il imagine ce divin. S’il fallait décrire cela par des mots, je dirais que ce n’est pas tant la religion ou les religions des Indo-européens qui m’intéressent, mais leur religiosité; c’est elle que je m’efforcerai de cerner.
Tout d’abord, il convient de savoir que la religiosité des Indo-européens ne dérive d’aucune espèce de crainte, que ce soit la crainte de la divinité ou la crainte de la mort. Les paroles d’un poète romain du Bas-Empire, signalant que la crainte fut jadis la matrice des dieux (Statius, Thebais III, 661 :primus in orbe fecit deos timor) ne révèlent d’aucune façon la sensibilité religieuse indo-européenne. La « crainte du Seigneur » (cf. Proverbes, Salomon, IX, 10 ; Psaume, 111, 30) n’a jamais constitué le commencement de la sagesse ou de la foi, dans les pays où s’est déployée librement la religiosité indo-européenne.
Hans Günther
Une telle crainte, génératrice de religiosité, ne pouvait survenir chez les Indo-européens car ceux-ci ne se percevaient pas comme les « créatures » d’une divinité et ne concevaient pas le monde comme une « création », comme l’œuvre d’un dieu créateur, commencée à un début hypothétique des temps. Pour l’Indo-européen, le monde est davantage un « ordre intemporel », dans lequel tant les dieux que les hommes ont leur place, leur temps et leur fonction. L’idée de création est orientale, principalement babylonienne, tout comme l’idée d’une « fin du monde » (venue d’Iran mais non de l’esprit indo-iranien), avec un « jugement » inaugurant un Règne de Dieu, au cours duquel tout sera transformé de fond en comble. Les Indo-européens croyaient, devinant ainsi par anticipation les connaissances et les présupposés de la physique et de l’astronomie modernes, à une succession sans début ni fin de naissances et de déclins de mondes, à des crépuscules de dieux suivis de rénovations de mondes et de panthéons ; l’Edda et la Völuspa décrivent ce sentiment de manière particulièrement poignante. Les Indo-européens croyaient donc en des cataclysmes successifs (ainsi que les dénommaient les Hellènes) qui seraient suivis de nouveaux dieux et de nouveaux mondes. En Iran, sous l’influence des croyances proche-orientales, est née, de l’idée de succession de naissances et de déclins de mondes, la représentation d’une unique fin du monde à venir ; d’une fin du monde qui serait précédée de la venue d’un « Sauveur » (Saoshyant) et accompagnée d’un « jugement ». Venue d’Iran, cette vision religieuse se serait implantée dans le monde judaïque en déclin. Dans les sphères de civilisations où l’homme ne perçoit pas le monde comme une création (c’est le cas chez les Indo-européens) et ne conçoit pas Dieu comme un créateur, le sentiment d’être une créature, liée et déterminée par la volonté d’un créateur, ne pouvait en aucune façon marquer la religiosité et imprégner essentiellement la piété.
De ce fait, ne pouvait se manifester ici aucune religiosité qui aurait perçu l’homme comme un esclave soumis à un Dieu absolu. La soumission servile de l’homme à Dieu est une caractéristique des peuples de langues sémitiques. Les noms de Baal, Adon, Melech (Moloch), Rabbat et autres désignent des avatars d’un Dieu absolu devant lequel se prosternent, le front collé au sol, des hommes-esclaves : ses créatures. Pour l’Indo-européen au contraire, honorer Dieu, prier une divinité, c’est encourager et cultiver toutes les impulsions nobles de l’homme : le Romain utilisera le verbe colere, et le Grec le verbe therapeuein. Dans les langues sémitiques, le terme « prier » dérive de la racine abad qui signifie « être esclave ». Hanna (1. Samuel, 1, 11) demande à Yahvé, au départ dieu de la tribu des Hébreux, de lui offrir un fils, à elle, son esclave ; David se définit lui-même (2. Samuel, 7, 18) comme un serviteur de son Dieu, tout comme Salomon (2. Rois, 3, 6). C’est la crainte, la terreur, qui constitue l’essence de Yahvé (cf. 2. Moïse, 23, 27 ; Isaïe, 8, 13). Les Indo-européens n’ont jamais perçu leurs dieux de cette manière. Les Hymnes à Zeus de stoïcien Cléanthe d’Assos (331-233), dont Paul de Tarse s’est inspiré afin de s’adapter au mental hellénique, contredit radicalement la religiosité exprimée notamment dans le Psaume 90.
Dans le christianisme également, l’attitude du croyant devant Dieu se désigne très souvent par l’adjectif humilis, montrant par là que l’humilité, le sentiment de servilité constitue le noyau ultime de cette religiosité. Une telle attitude n’est en rien indo-européenne; elle dérive d’une religiosité orientale. Parce qu’il n’est pas « serviteur » ou « esclave » d’un Dieu jaloux et absolu, l’Indo-européen ne prie généralement pas à genoux ou ployé en direction de la terre, mais debout avec le regard tourné vers le haut, les bras tendus vers le ciel.
Comme un homme total, à l’honneur intact, l’Indo-européen honnête (honestus : homme de rectitude en latin) se tient debout devant son Dieu ou ses dieux. Toutes les religiosités qui voudraient ôter quelque chose à l’homme, afin de le diminuer par rapport à une divinité devenue toute-puissante et opprimante, sont non-indo-européennes. Toute religiosité qui considère l’une ou l’autre partie du monde ou de l’homme comme dépourvue de valeur, comme inférieure ou « souillante », toute religiosité qui cherche à « racheter » l’homme et à le préparer pour des valeurs « supra-terrestres » ou « supra-humaines » n’est pas authentiquement indo-européenne. Chaque fois que « ce monde » se voit désacralisé au profit d’un « Autre Monde », supposé contenir le « Bien éternel », nous quittons le domaine de la religiosité indo-européenne. La religiosité indo-européenne est en conséquence une religiosité de « l’ici-bas », de l’immanence. Toutes les formes dans lesquelles elle s’exprime l’attestent.
C’est pourquoi il nous est très difficile de comprendre correctement la grandeur de la religiosité indo-européenne, car nous sommes habitués à mesurer toute religiosité par rapport aux valeurs et formes d’expression de religiosités essentiellement non-indo-européennes. La plupart des critères par lesquels nous jugeons les religiosités dérivent d’univers mentaux étrangers à l’indo-européanité, généralement orientaux ; ce sont surtout les christianismes primitif et médiéval qui président à nos approches des autres religiosités. Notre évaluation de la religiosité indo-européenne en pâtitipso facto ; c’est en fait comme si nous tentions d’expliquer la structure linguistique des parlers indo-européens au moyen de ces mêmes éléments qui se sont avérés pertinents pour expliquer les structures linguistiques des langues sémitiques. Ainsi nous sommes habitués à ne voir véritable religiosité que dans une religiosité de l’au-delà et à considérer toute religiosité de l’en-deça (de l’immanence) comme quelque chose de lacunaire ou de sous-développé ou de n’y voir qu’une étape en direction de quelque chose de plus accompli.
Les représentations d’essence judéo-chrétienne, imposées à nos peuples, nous empêchent en conséquence de reconnaître la grandeur et la noblesse de la religiosité indo-européenne. Cet handicap est si prononcé que même dans les travaux scientifiques qui ont pour objet de comparer les religions, les conceptions religieuses indo-européennes sont considérées comme inférieures en importance parce que l’auteur, généralement, utilise des critères de comparaison calqués sur les valeurs orientales. Cette remarque vaut particulièrement pour un texte de Rudolf Otto, Das Heilige. La grandeur et la plénitude du monde spirituel indo-européen demeurent donc largement méconnues. Quiconque cherche à mesurer une quelconque religiosité par rapport au degré d’abaissement que s’inflige l’homme devant la divinité ; quiconque veut évaluer une quelconque religiosité à la manière dont elle juge combien « ce monde » doit apparaître problématique pour l’homme, [monde] dépourvu de valeur ou « souillé » face à « l’autre monde » ; quiconque tente de jauger une quelconque religiosité par la façon dont elle pose l’homme essentiellement comme « cassure » entre un corps périssable et une âme indestructible, entre la chair (sarx) et l’esprit (pneuma), trouvera effectivement que la religiosité des Indo-européens est pauvre et élémentaire.
Les dieux d’une part, et les hommes d’autre part, ne sont pas, chez les Indo-européens, des êtres incomparables, éloignés les uns des autres. Et certainement pas chez les Hellènes. Les dieux y apparaissent comme des hommes immortels, à « grandes âmes » (cf. Aristote, Métaphysique, III, 2, 997b), et les hommes, s’ils sont des descendants bien nés de tribus nobles et illustres, possèdent en eux quelque chose de divin et peuvent prétendre représenter, avec leur famille et tribu, une part du divin : « Agamemnon, pareil aux dieux ». Dans la nature même de l’homme — la divinité le veut — résident des potentialités qui lui permettent quelquefois d’apparaître comme diogenes, c’est-à-dire issu des dieux. C’est pourquoi tous les peuples indo-européens ont tenté, littéralement, d’incarner les valeurs aristocratiques et populaires dans leurs familles ; c’est ce que les Grecs nommaient la kalokagathia.
La religiosité indo-européenne n’est nullement servitude ; elle n’implique nullement les pleurs de l’esclave foulé aux pieds devant son maître inaccessible et impitoyable, mais bien l’accomplissement dans la confiance d’une réelle communauté englobant et les dieux et les hommes. Platon parle dans son Banquet (188c) d’une « communauté (philia) réciproque entre les hommes et les dieux ». Le Germain, lui, savait qu’une amitié le liait à son dieu, son fulltrui (celui en qui il avait pleine confiance). Chez les Grecs de l’Odyssée (24, 514), on retrouve la même confiante certitude dans l’expression theoi philoi (dieux-amis). Dans la Baghavad-Gita des Indiens (IV, 3), le dieu Krishna nomme l’homme Arjuna son ami. La plus haute divinité est honorée, comme Zeus, en tant que « père des dieux et des hommes », en tant que père selon l’image du maître de logis dans les grandes fermes ; tel est Zeus Herkeios. Rien de semblable, donc, à un Dieu unique, jaloux et absolu. Le nom même du dieu exprime cet état: chez les Indiens il est Dyaus-pitar [« Père des Cieux »], et chez les Romains il est Jupiter.
Dans cet opuscule, le professeur Hans
F. K. Günther nous invite à renouer avec une religiosité virile,
aristocratique, "verticale", qui a animé les esprits de
l'indo-européanité des origines. En explorant les textes de
l'antiquité sanskrite, de la Grèce de Homère, Pindare et Platon,
de la Rome de Cicéron, Horace et Virgile, de l'Edda scandinave, et
des classiques de la poésie et de la littérature allemandes du
XVIIIe siècle, l'auteur fait apparaître un type humain
irremplaçable, incarnant une philosophie "pantragique"
rappelant ce que nous devons être face à l'aberrante uniformisation
contemporaine.
La présente édition s'enrichit d'un
texte inédit de Robert Steuckers intitulé La lecture évolienne des
thèses de H. F. K. Günther.
Un ésotériste italien,
Julius Evola, a forgé un concept raciologique fort intéressant pour
l’histoire des idées et pour celui qui étudie les doctrines raciales, en
particulier l’antisémitisme : la notion de « race de l’esprit ».
Celle-ci est importante dans ce champ d’étude car Evola a réussi à
formuler une doctrine raciste psychologisante ne devant rien aux
théories biologistes raciologiques des années 1860-1930. Il appliqua
principalement son concept aux populations juives d’Europe. Mais, comme
on le verra dans cet article, les relations entre le penseur
traditionaliste et le judaïsme furent complexes. Cette complexité est
liée à deux facteurs : premièrement, la conception que fait Evola de la
notion de « tradition » ; deuxièmement, son interprétation du judaïsme.
Cependant, ces deux facteurs sont eux-mêmes ordonnés à ses théories
raciologiques. Malgré cette complexité et cette imbrication de concepts,
il a été possible de distinguer chez cet auteur une ligne directrice,
une vision précise, fortement judéophobe, si ce n’est fortement
antisémite. C’est cette ligne directrice que l’on étudiera dans cet
article.
Repères biographiques
Giulio (Julius) Evola était un aristocrate, un
artiste dadaïste et un ésotériste d’extrême droite, né à Rome en 1898 et
mort en 1974. Adepte d’un néopaganisme romain, la « religion italique »1,
sa pensée est construite en réaction à l’aristocratie catholique dont
il est issu, à la tradition chrétienne et au « monde moderne ».
Politiquement, Evola se plaçait dans une optique antimoderne,
aristocratique, inégalitaire et européiste : il était un réactionnaire
radical. Sa critique intransigeante du monde moderne fut conçue après sa
lecture des premiers livres de l’ésotériste réactionnaire français René
Guénon. À l’instar de Guénon, Evola devint une figure importante du
traditionalisme, c’est-à-dire d’un ésotérisme postulant l’existence
d’une « tradition primordiale », de nature supra-humaine et
transcendante.
Evola s’engagea donc, dans un premier temps, dans une
voie artistique. Peu avant la guerre, il se lia avec les futuristes, en
particulier avec Marinetti. Comme eux, il souhaitait la guerre. Il
participa donc à la Grande Guerre comme officier d’artillerie, en
qualité d’engagé volontaire. Si la guerre lui sembla nécessaire, c’est
seulement en tant que fait révolutionnaire. Dès la fin du conflit, ses
sympathies allèrent à ce qui restait des empires centraux. Après la
première guerre mondiale, il se rapprocha du dadaïsme. Ses peintures
firent de lui l’un des premiers dadaïstes italiens. Il commença alors à
élaborer sa pensée, fondée sur un supposé réveil de forces
spirituellement aristocratiques, dirigées contre l’hégémonie bourgeoise
et ses valeurs (le matérialisme et l’utilitarisme) qu’il condamna
jusqu’à sa mort. Il fut profondément influencé par la critique
nietzschéenne de la modernité. En ce sens, il s’inscrivit dans le
courant pessimiste de la « Révolution Conservatrice » allemande. Evola
connut, vers 1920-25, une crise intérieure provoquée par le matérialisme
des activités humaines. Il ne retrouva le goût à la vie que grâce à la
découverte de textes hindouistes et bouddhiques. Cette rupture
psychologique fit qu’il se mit à s’intéresser aux questions ésotériques
et occultistes. Fort logiquement, il se rapprocha des milieux
ésotériques et francs-maçons italiens, avant de critiquer violemment la
franc-maçonnerie comme agent de la contre-initiation moderne. Petit à
petit, il se rapprocha aussi des milieux extrémistes de droite, assez
présents dans la mouvance ésotérique italienne de son époque, avec
Arturo Reghini et Guido De Giorgio notamment2.
Ses contacts avec des membres de la « Révolution Conservatrice »
allemande firent qu’il fut lu en Allemagne dans les années 19303.
La parution en 1934 de son livre Révolte contre le monde moderne
lui ouvrit les portes de l’Allemagne nazie. Evola ne fut jamais
national-socialiste même s’il collabora à des publications officielles
nationales-socialistes. En effet, il participa, pendant la guerre, à une
revue européiste financée par les services de Joachim von Ribbentrop, La Jeune Europe, et entretint des contacts avec une certaine sphère dirigeante de la SS4.
En fait, les relations entre Evola et le national-socialisme sont
complexes et plutôt houleuses. Il critiqua les thèses de Rosenberg et le
dévoiement nazi de la « Tradition nordique ». En outre, il perçut la
« culture » nazie comme une manifestation de l’esprit petit-bourgeois
conservateur qu’il haïssait. Ce mépris fut d’ailleurs réciproque : il
était fiché par les SS en tant qu’aristocrate réactionnaire5.
Mais paradoxalement, il fut apprécié par Wiligut, le fameux supposé
« Raspoutine » de Himmler, qui l’invita à faire des conférences dans les
châteaux de l’ordre en 1938 et collabora avec l’Ahnenerbe6.
Toutefois, il se peut aussi qu’Evola fût un agent du SD, le service de
renseignement et de contre-espionnage de la SS, mais la question reste à
éclaircir : selon Christophe Boutin, « Evola va travailler pour la SS à
trois titres : en tant que conférencier invité ; en dépouillant, en
liaison avec le SD et l’Ahnenerbe, des documents maçonniques à vienne ;
et […] collaborant directement et pratiquement avec le SD »7.
Evola se serait montré « d’autant plus sensible à cette reconnaissance
qu’il reste un auteur marginal dans son propre pays. Cela l’amène à être
plus conciliant à l’égard de la politique nationale-socialiste. Deux
paramètres, l’un intellectuel, l’autre historique, contribuent par
ailleurs à infléchir son jugement. Au plan intellectuel, Evola voit dans
la constitution de la S.S. les germes d’une nouvelle élite de type
aristocratique, capable de concilier l’esprit spartiate et la discipline
prussienne. À terme, cet ordre d’initié pourrait se substituer au parti
de masse pour devenir le noyau central d’un État organique et non plus
totalitaire.8 »
Malgré tout, favorable au paganisme, il fréquenta des figures importantes des milieux völkisch
qui rejoignirent le régime nazi, en particulier l’archéologue Hermann
Wirth, le fondateur de l’Ahnenerbe, dont il diffusa les idées en Italie,
et le raciologue nordiciste Hans F. K. Günther9.
Mais Evola s’aperçut rapidement que sa conception du paganisme était
très différente de celles de Wirth et de Günther : le paganisme évolien
était une métaphysique, au contraire des völkisch qui le concevaient comme un programme politique, raciste et nationaliste. Il considéra donc le néo-paganisme völkisch comme une manifestation de l’antitradition moderne honnie10.
Néanmoins, il continua de défendre ultérieurement les thèses de
Günther : dans les années soixante-dix, il le fit en particulier au
travers d’un article, publié le 15 août 1970 dans Il Conciliatore. Selon Evola, Günther soutenait une vision non raciste de la race, une position qui est loin d’être convaincante.
Evola resta aussi un marginal en Italie fasciste, malgré ce qu’a pu écrire Marie-Anne Matard-Bonucci11. En 1930, il écrivit la chose suivante dans La Torre, un bimensuel cofondé avec Guido De Giorgio12,
et interdit par le régime au bout de six mois de publication : Nous ne
sommes ni “fascistes”, ni “antifascistes”. L’“antifascisme” est nul.
Mais pour […] ennemis irréductibles de toute idéologie plébéienne, de
toute idéologie “nationaliste”, de toute intrigue et esprit de “parti”
[…] le fascisme est trop peu. Nous voudrions un fascisme radical, plus
intrépide, un fascisme vraiment absolu, fait de force pure, inaccessible
à tout compromis »13. Il développa son concept de « surfascisme » dans un ouvrage, Impérialisme païen, paru en 192814,
qui jetait les bases d’un mouvement plus fasciste que le fascisme. Il
explicita son « surfascisme » lors de son procès de 1951 : « J’ai
défendu, et je défends, des “idées fascistes”, non en tant qu’elles
étaient “fascistes”, mais dans la mesure où elles reprenaient une
tradition supérieure et antérieure au fascisme, où elles appartenaient à
l’héritage de la conception hiérarchique, aristocratique et
traditionnelle de l’État – conception ayant un caractère universel et
qui s’est maintenue en Europe jusqu’à la Révolution française. En
réalité, les positions que j’ai défendues et que je défends en qu’homme –
car je n’ai jamais été inscrit à aucun parti, pas plus au P.N.F.
[Partito Nazionale Fascista –Parti National Fasciste], P.R.F [Partito
Repubblicano Fascista –Parti Républicain Fasciste]. qu’au M.S.I.
[Movimento Sociale Italiano –Mouvement Social Italien] – ne doivent pas
être dites “fascistes”, mais traditionnelles et contre-révolutionnaires.15 »
De fait, il n’accéda à une sorte de reconnaissance officielle de la
part du régime qu’en 1941, peu de temps avant la crise de celui-ci,
lorsque Mussolini approuva publiquement sa Synthèse de doctrine de la race16,
pour démarquer ce qui fait la romanité du racisme biologique nazi.
Toujours en 1941, Evola soutint dans son manifeste racialiste Éléments pour une éducation raciale, l’origine « occidentale et nordico-occidentale » de la civilisation indo-européenne17. Toutefois, selon Marie-Anne Matard-Bonucci, l’engagement fasciste d’Evola serait à réévaluer18.
Selon Philippe Baillet l’un des meilleurs connaisseurs de sa pensée,
« 1) Evola n’a jamais été fasciste ; pourtant, il a reçu l’appui de
quelques unes des personnalités les plus “dures” du régime mussolinien.
2) Evola est toujours resté un “marginal” du fascisme ; pourtant,
jusqu’au bout, il ne lui a ménagé ni son soutien, ni sa fidélité. 3)
Evola n’a jamais été national-socialiste ; pourtant, il a collaboré à
des publications nationales-socialistes tout à fait officielles et a
entretenu des contacts avec certaines sphères dirigeantes de la S.S. 4)
Dans ces conditions, Pourquoi Evola a-t-il estimé nécessaire d’apporter
son soutien, fût-ce de manière parfois très critique, au régime fasciste
et au régime national-socialiste ?19 »
La question reste en suspend… Néanmoins, lors du renversement de
Mussolini, il le soutint et adhéra idéologiquement ensuite à la
République Sociale Italienne de Saló.
Evola fut blessé à Vienne en 1945, à la toute fin de
la guerre. Cette blessure le paralysa des membres inférieurs le forçant,
lui le « guerrier » à se diriger vers la contemplation. Malgré cette
paralysie, Julius Evola réarma moralement, dès la fin de la guerre,
l’extrême droite italienne, avec notamment un ouvrage, Orientations, paru en 195020.
Par la suite, il fournit des éléments doctrinaux à une partie de
l’extrême droite européenne. Il fit ainsi partie du groupuscule Nation
Europa qui édita une revue éponyme, de tendance nationale-européenne,
qui était l’organe le plus représentatif du néofascisme européen. Nation
Europa fut fondé par un ancien officier SS, Arthur Ehrhardt, auquel
s’associèrent de nombreux ex-nazis qui cherchaient à réorganiser les
activités nazies à travers l’Europe. Evola, ainsi que le nazi Hans Grimm
et le fasciste Maurice Bardèche, firent partie des premiers
collaborateurs de cette revue. Il fut même arrêté en 1951 pour avoir
impulsé une organisation clandestine, « les faisceaux d’action
révolutionnaire ». Il publia après guerre deux ouvrages politiques
importants : Les Hommes au milieu des ruines en 1953, et Chevaucher le tigre en 1961. Jusqu’à sa mort, il affina et radicalisa son discours.
Malgré tout, comme le reconnaît Anthony James Gregor,
il est impossible de considérer Evola comme un fasciste, ni même comme
un néofasciste21,
même s’il eut le soutien de quelques-unes des personnalités les plus
dures du régime mussolinien. Il doit plutôt être vu comme un
réactionnaire radical, un point de vue reconnu à l’extrême droite22.
Ses modèles étaient davantage les anciens ordres de chevalerie, ainsi
que les mouvements spiritualo-politiques, en particulier par la Légion
de l’archange Saint Michel, plus connu sous le nom de la Garde de Fer.
Evola vouait en effet une admiration sans faille au chef de la Garde de
Fer roumaine, Corneliu Codreanu, qu’il avait rencontré à la fin des
années 1930 via l’entregent de Mircea Eliade23,
mais il est vrai qu’il est difficilement tenable de soutenir le
« fascisme » de la Garde de Fer : certains observateurs consciencieux
ont en effet estimé que la Garde de Fer relèverait plus de la structure
religieuse que du mouvement politique24, qu’il s’agirait d’un « nationalisme spirituel-religieux » selon l’expression de Pierre-André Taguieff25, voire d’un « faux fascisme »26. Ainsi, une icône de Saint Michel, le saint préféré de Codreanu, était « veillée en permanence par une garde d’honneur »27.
La Garde de Fer était marqué par le millénarisme orthodoxe : « Dans le
fascisme roumain, l’héroïsme et la camaraderie du front étaient
remplacés par le culte d’un héroïsme “chrétien” associé à la
valorisation presque obsessionnelle de la souffrance, du martyre et de
la “mort légionnaire”.28 »
Cependant, la vision légionnaire de l’engagement a permis à Ernst Nolte
d’écrire que la Garde Fer était le « mouvement fasciste le plus
intéressant et le plus complexe »29
de l’Europe des années trente. Le débat reste donc ouvert. Quoiqu’il en
soit, Evola était fasciné par le mouvement légionnaire, ouvertement
antisémite, le numéro deux du mouvement, Ion Mota, ayant traduit en
roumain Les Protocoles des Sages de Sion30 :
« Dans un premier article [sur le mouvement légionnaire], Evola met
dans la bouche du chef de la Garde de Fer une description des valeurs
quasi religieuses du mouvement qui, par sa longueur et sa cohérence, ne
rappelle point les moyens d’expression assez limités et le style
rocailleux et laconique du Capitaine. C’est un discours élaboré qui a
été manifestement “travaillé” par Evola et l’on peut se demander si
Eliade lui-même n’est pas intervenu pour détailler à l’hôte italien la
nature “spirituelle” du mouvement légionnaire.31 »
L’ésotérisme évolien
Après Guénon, Evola fut l’un des grands représentants
de la « Tradition primordiale », de la « tradition » avec un « T »
majuscule, c’est-à-dire au sens ésotérique du terme, théorisée par René
Guénon au début du XIXe siècle. Cette « Tradition » a une
origine an-historique et non humaine. En effet, celle-ci est la
conséquence d’une Révélation. La métaphysique évolienne n’est pas selon
lui « la sienne », elle n’exprime nullement sa subjectivité singulière
et l’évolution de celle-ci, au contraire « […] elle se confond avec “la”
métaphysique, comme mode de réalisation (de soi), auto-réalisation à la
fois contemplative (connaissance des principes) et active (voie
héroïque). La métaphysique que Julius Evola ne prétend qu’exposer, et
qu’il définit volontiers comme un “réalisme transcendant” (réalisme des
idées et/ou des principes supérieurs, de type platonicien), comprend (ou
enveloppe) une philosophie involutionniste de l’histoire fondée sur
l’axiome double que l’histoire est processus de déclin. Cette
métaphysique et cette philosophie de l’histoire peuvent s’identifier à
la pensée de la Tradition […]32 ».
Le traditionalisme radical d’Evola implique aussi une métaphysique de
la politique, une métapolitique, fondée sur l’idée de décadence et
conceptualisée après la lecture de La Crise du monde moderne de Guénon.
Contrairement à Guénon qui fut successivement
catholique et musulman, Evola ne se raccrocha pas à une tradition
religieuse précise. Il est en quelque sorte un « traditionaliste sans
tradition », adepte d’une forme d’anarchisme nihiliste. En effet, Evola,
à la fin de sa vie, théorisait l’« homme différencié ». Or, cet « homme
différencié » n’est pas seulement un homme qui peut ne pas croire,
c’est aussi un homme qui ne veut pas croire. La radicalité antimoderne
d’Evola apparaît pour la première fois dans son livre le plus important,
traduit en français sous le titre Révolte contre le monde moderne.
Evola y expose sa « métaphysique de l’histoire » fondée sur la critique
et le refus du monde moderne occidental et sur le postulat de la nature
décadente de la modernité. Il fut influencé par Nietzsche, par Spengler
et par Guénon. De ce dernier, il reprit la théorie traditionnelle et
involutive des quatre âges. Chez Evola, cette radicalité antimoderne se
manifeste par une intransigeance métapolitique, expliquant d’une part
son engagement politique au sein de manifestations modernes (fascisme,
national-socialisme) et d’autre part son désengagement aristocratique
(juger et orienter par référence aux principes de la Tradition). Cette
position paradoxale est l’expression du concept évolien de « l’homme
différencié », sorte d’anarque, qui est à la fois dans le monde et hors
du monde. Evola est de fait le théoricien du
traditionalisme-révolutionnaire.
Le décadentisme d’Evola était influencé par celui théorisé au XIXe
siècle par Arthur Joseph de Gobineau. À l’instar de Gobineau, Evola
était nostalgique d’un âge d’or, définitivement perdu, de la race
nordique. Toutefois, le système gobinien, s’il est un système
décadentiste, est, contrairement au système évolien, dépourvu totalement
de sotériologie : l’humanité est définitivement condamnée par le
métissage. En effet, Gobineau voyait dans les peuples germaniques les
ancêtres de la noblesse européenne dont il était issu. Une idée qui
était assez partagée à l’époque, on doit bien le reconnaître. Cette
thèse fut en effet élaborée au XVIIIe siècle pour légitimer
les pouvoirs politiques de la noblesse face à l’absolutisme royal. Elle
faisait des nobles les descendants des conquérants Francs. Elle établit
aussi un lien entre hiérarchisation sociale et race. Au XXe siècle, cette idée fut notamment reprise par Evola, qui en fit l’une de ses références : comme le comte Gobineau33,
le baron Evola était obsédé par les notions de décadence et de
dégénérescence. Celles-ci structuraient sa pensée anti-darwinienne.
Le racisme selon Evola
Evola s’intéressa aux « races » dès le début des années 193034,
donc très largement avant la promulgation en Italie des lois raciales,
faite en 1938. La raciologie n’est que l’un des aspects de la pensée
évolienne mais son originalité en fait un objet d’étude particulièrement
stimulant pour ceux qui s’intéressent au racisme35.
En effet, il a cherché à en formuler une version « traditionnelle » :
« Evola eut l’ambition d’appliquer la vision traditionnelle du monde, telle qu’il la comprenait,
à un aspect particulier de la réalité : les différences existant entre
les êtres humains, considérés soit individuellement, soit
collectivement.36 » À l’instar de Guénon qui affirmait l’origine hyperboréenne de la « Tradition primordiale »37, Evola soutenait l’idée d’une origine polaire de la Tradition, mais dans une optique nettement raciologique et nordiciste38.
Il développa l’idée selon laquelle le foyer originel, la « contrée
primordiale », depuis lequel a rayonné la « Tradition primordiale » se
serait situé à proximité du pôle Nord, compris au sens géographique et
symbolique du terme. Cette « contrée primordiale », foyer de
l’« initiation solaire », prenant selon les récits qui s’y rapportent le
nom de Thulé, Hyperborée, Avalon ou Asgard39.
L’abandon de ces terres aurait entraîné une émigration (des
Hyperboréens ou des Atlantes, les deux étant synonymes dans son esprit)
dans la zone atlantique du Nord vers le Sud puis de l’Occident vers
l’Orient. L’esprit primordial septentrional, solaire et viril, aurait
été alors vaincu par l’esprit méridional « dépersonnalisant,
socialitaire et fataliste »40 et notamment par le christianisme. Cette religion, selon lui, aurait enclenché un processus de dévirilisation du spirituel.
Les présupposés racistes d’Evola sont liés à cette anthropologie raciale particulière41,
qui est à comprendre chez lui dans le sens de la qualité (à l’instar du
langage courant qui dit d’une personne distinguée qu’elle est
« racée »). En effet, selon Evola, la supériorité d’une élite ne peut
être établie que sur des bases purement spirituelles même si c’est le
sang qui transmet de tels caractères. Sa conception de la race est donc
liée à son approche du concept de « tradition » : pour Evola toute
l’histoire humaine depuis deux millénaires peut se lire comme un
processus d’involution, qui obéit à la loi de « régression des castes ».
Evola formula une doctrine traditionnelle de la race dans une acception
antimatérialiste et centrée sur le concept de « race intérieure » (ou
« race de l’esprit »). Se fondant sur des mythes indo-européens ainsi
que sur les doctrines traditionnelles non chrétiennes, Evola affirma
qu’à l’origine de toute différenciation ethnique se trouve une « race de
l’esprit ». Celle-ci est d’abord intériorisée chez ceux qui y adhèrent
sur le plan du caractère, ce qui donne une « race de l’âme », et qui
s’incarne ensuite sur le plan physique dans une « race du corps ».
Pour élaborer cette raciologie si particulière, Evola
s’inspira du raciologue allemand Ludwig Ferdinand Clauss, le « père »
de la « psycho-anthropologie »42.
Selon Clauss, les corps, donc les traits raciaux, sont le mode et le
terrain d’expression d’une réalité spirituelle/psychique. Ce sont
l’esprit et l’âme qui donneraient forme au corps. Par conséquent, ils
sont primordiaux. Clauss pouvait alors affirmer qu’une « race » qui nous
est étrangère, différente, doit être évaluée, non pas au départ de son
extériorité corporelle, de ses traits raciaux somatiques, mais de son
intériorité psychique. C’est pour cette raison, et à des fins
d’expériences, qu’il garda auprès de lui son assistante juive après
l’avènement du régime national-socialiste, et non pour la sauver, comme
il le dira par la suite.
Evola reprit et compléta cette approche : une théorie
de la race digne de ce nom doit, selon lui, comprendre trois éléments :
le corps, l’âme et l’esprit, un postulat venant des milieux occultistes
de la fin du XIXe siècle. Selon ces doctrines, l’homme
véritable concentre en soi trois niveaux : biologique, psychique,
spirituel. L’esprit représente l’élément supra-rationnel, l’âme la force
vitale, l’ensemble des passions, les facultés de perception, le
subconscient rattachant l’esprit au corps ; et ce dernier au deux
précédents, qui lui sont supérieurs. De plus, chez les ésotéristes
traditionalistes, la topographie intérieure des hommes des diverses
cultures sont superposables et sont subdivisées de manière identique
selon un archétype permanent. Dans ce schéma l’homme tend à se diviser
en un corps, une âme et un esprit. Mais surtout, tout ce qui est
extérieur n’a de valeurs que seulement si cela renvoie à ce qui est
intérieur. L’anthropologie évolienne découle de cette conception.
En outre, il faut garder à l’esprit qu’Evola, en tant
que théoricien de la « Tradition », refusait l’individualisme moderne,
signe de déclin et de désintégration des sociétés organiques, fermées,
qu’il chérissait. Pour les tenants de la tradition en effet, l’homme ne
vaut que pris en tant que personne, en tant que porteur et détenteur de
rapports organiques, qu’en tant que membre d’une communauté et qu’en
tant qu’héritier d’une tradition. Le racisme, dans sa conception
évolienne, se voulait donc anti-individualiste et antirationaliste. Il
refusait aussi le naturalisme biologisant du racisme des années 1930.
Cependant, lorsqu’on étudie en détail le discours raciste évolien, il
faut relativiser de tels propos. En effet, si selon Evola, le racisme
n’est pas réductible aux domaines culturels ou biologico-naturels, il le
fit pourtant de façon détournée. D’un côté, Evola condamna toute
conception scientiste du racisme, toute réduction « au fatalisme de
l’hérédité ». Pour Evola, le racisme biologique n’était qu’un aspect
particulièrement grossier du règne de la quantité. D’ailleurs, il
considérait la pensée völkisch comme une « involution ». De
l’autre, malgré ces affirmations, il n’en faisait pas moins preuve d’un
racisme à toute épreuve vis-à-vis des populations noires, qu’il
considérait comme inférieures en tout. Il était d’ailleurs favorable à
l’apartheid. En ce sens, il se plaçait dans la continuité de la
raciologie pseudo-scientifique classique de son époque. Il reprit aussi à
son compte les analyses raciologiques de Hans F. K. Günther sur
l’existence de six « sous-races » blanches. Il établissait ainsi une
hiérarchisation au sein même de la « race aryenne » supérieure, qui fut
le credo racial de l’idéologie nazie… Mais, se distinguant du racisme
national-socialiste, Evola affirmait que toutes les composantes des
« races de l’esprit » sont présentes, à des degrés divers, chez tous les
peuples aryens. Selon lui, les éléments les plus « purs » racialement
parlant sont présents chez des individus exceptionnels et non dans les
élites ou dans une race en particulier. De plus, il affirmait que le
métissage peut être bénéfique quand celui-ci se limite au cadre d’une
même grande race.
La référence à une dimension transcendante de la race
propre au milieu traditionnel conduisit Evola à affirmer que les
différences entre les hommes dérivent de causes intérieures :
« L’hérédité raciale, écrit Evola, peut […] être comparée à un
patrimoine réuni par les ancêtres et transmis à la descendance. Il n’y a
pas de déterminisme, parce que concédée à la descendance, à l’intérieur
de certaines limites, une liberté d’usage à l’égard d’un tel
patrimoine : on peut l’assumer, le renforcer, en tirer de telle ou telle
façon le meilleur rendement, tout comme on peut, inversement, le
disperser ou le détruire. De ce que lui a potentiellement transmis une
hérédité aussi bien spirituelle que biologique, l’individu peut donc,
dans la fidélité à sa race et à sa tradition, tirer la force pour
atteindre une perfection personnelle et pour valoir comme une
incarnation parfaite de l’idéal de toute une race ; ou bien il peut
contaminer cet héritage, il peut le dissiper.43 »
Chez Evola, la « race pure » n’est donc pas une réalité seulement
biologique, elle renvoie à l’idée de transparence et harmonie parfaites
entre le corps, l’âme et l’esprit, lorsque ce dernier a unifié et domine
l’être humain.
Au niveau le plus bas de cette harmonie
race/âme/esprit, c’est-à-dire au niveau de la race « biologique », Evola
distinguait différentes grandes « races », blanche, noire, jaune, et au
sein de ces « races » d’autres sous-ensembles, les « races » étant
elles-mêmes subdivisées en sous-groupes raciaux. Pour cela, il était
débiteur des études raciologiques de son époque, notamment de hans F. K.
Günther. À un niveau supérieur, celui de la race de l’âme, il fut
tributaire des travaux de Clauss. Chez ce dernier, les races ne se
caractérisent pas sur le plan psychologique par la possession de dons
spécifiques à chacune d’entre elles mais plutôt par la diversité
d’expression de traits comportementaux, par la manifestation de styles
différents. « La race s’exprimerait donc par un caractère-type, par une
réponse spécifique et homogène dans le rapport au monde.44 »
L’héroïsme, dans ce type de discours, n’est pas l’apanage d’une race
particulière, mais s’exprime différemment selon les races… On est donc
loin des discours racistes communs de cette époque. Enfin, il y a les
différentes « races de l’esprit » : solaire ou olympienne (spiritualité
active), lunaire ou démétrienne (spiritualité contemplative),
dionysiaque (spiritualité des sens), titanique (spiritualité instinctive
active), tellurique ou chtonienne (spiritualité instinctive passive),
amazonienne (spiritualité lunaire active), et aphrodisienne
(spiritualité de la beauté). À côté de ces sept races, Evola plaçait
aussi une « race des héros » dans laquelle subsistait à l’état latent
des éléments de race olympienne ainsi que des éléments de race
dionysiaque ou titanique. La race de l’esprit « concerne, écrivait
Evola, les différentes attitudes vis-à-vis du monde spirituel, supra
humain et divin, tel qu’il se manifeste sous la forme propre aux
systèmes spéculatifs, aux mythes et aux symboles comme à la diversité de
l’expérience religieuse elle-même »45.
Evola le reconnaissait lui-même : définir ces races spirituelles n’est
pas aisé. La race spirituelle la plus pure serait présente dans la race
solaire. Celle-ci serait caractérisée par un calme « olympien », un
sentiment de « centralité », et de fermeté inébranlable. Ces
caractéristiques s’atténueraient peu à peu dans les autres races pour
disparaître complètement dans les races telluriques et aphrodisiennes,
en dessous desquelles se trouveraient, dans la conception évolienne, les
« races de nature », fermées à toute transcendance. Ces races de nature
seraient caractérisées par l’irrationalité, l’élémentarité aveugle, une
sensualité déréglée, le fatalisme, et la passivité de l’esprit… Ces
composantes « raciales » constituent l’hérédité verticale de l’homme,
qui tendrait à dominer en lui les deux autres courants d’hérédité, ceux
de types horizontaux, le courant de l’âme et le courant du corps :
« l’extérieur est fonction de l’intérieur, la forme corporelle est à la
fois l’instrument, l’expression et le symbole de l’homme psychique »46. De fait, esprit et corps sont indissolublement liés dans la vision évolienne de la race.
Le rapport au judaïsme
Concernant précisément les rapports entre Evola et le
judaïsme, on doit reconnaître qu’ils étaient très complexes. Evola,
antisémite assumé comme on le verra47, « considère que la tradition juive fait partie intégrante de la Tradition primordiale et ne “démonise” pas ab initio le peuple juif »48.
Evola fit souvent référence dans ses écrits à des textes de l’Ancien
testament ou de la Kabbale. Néanmoins, Il put écrire, à l’instar des
antisémites les plus radicaux de son époque, qu’« À l’origine, Israël ne
fut pas une race, mais un peuple, un mélange ethnique. Il représente un
des cas typiques où une tradition a “créé” une race, surtout en tant
que race de l’âme »49.
En effet, Evola considérait que les Juifs ne forment pas une race
biologique mais une « race spirituelle », forgée par une tradition
religieuse, avec des reflets d’ordre psychologique, d’une tournure
d’esprit. Selon lui, le peuple Juif est un « exemple typique [d’une]
race comme énergie formatrice »50.
Sur ce point, Evola était très largement tributaire d’Otto Weininger,
un philosophe juif autrichien converti au protestantisme, misogyne et
antisémite, bien qu’il n’ait jamais voulu persécuter les Juifs en
pratique ou en théorie. En effet, Weininger écrivit dans Sexe en caractère,
un ouvrage publié en 1903 : « Lorsque je parle des Juifs, je veux
parler non d’un type d’homme particulier, mais de l’homme en général en
tant qu’il participe de l’idée platonicienne de la Judaïté »51.
La judaïté est élevée, chez Weininger, au rang de catégorie de l’esprit
humain (comme lorsqu’on parle de la « mentalité bourgeoise ») : « Il ne
s’agit pas tant pour moi d’une race, ou d’un peuple, ou d’une foi, que
d’une tournure d’esprit, d’une constitution psychique particulière
représentant une possibilité pour tous les hommes et dont le judaïsme
historique n’a été que l’expression la plus grandiose.52 »
Lorsqu’il écrit ceci, Weininger parle d’une judaïté élevée au rang
d’idée platonicienne. Et en tant que telle, il n’existe pas plus, selon
lui, de Juif absolu que de chrétien absolu… Evola, de son propre aveu,
ne fit que reprendre ce point de vue. Evola estimait effectivement que
la judaïté se caractériserait par des facteurs psychologiques comme le
mysticisme imprégnée de pathos, le messianisme, le sentiment de la
« faute » et le besoin d’« expiation », l’humiliation de soi,
l’intolérance religieuse, l’agitation fébrile et sombre…
Il voyait également dans les Juifs modernes,
complètement sécularisés, un vecteur du matérialisme, de l’économisme et
du rationalisme. Mais, contrairement aux autres penseurs racistes, il
n’en fit pas la cause de la décadence moderne, même s’il reprit les
conclusions du célèbre faux antisémiteLes Protocoles des Sages de Sion,
mais seulement l’un des facteurs, lui-même étant victime d’un vaste
processus de dissolution, d’un instrument aveugle et souvent inconscient
auquel participerait aussi la franc-maçonnerie. Au sujet de ce célèbre
faux, il affirma, dans la seconde édition d’un ouvrage intitulé Le Mythe du sang,
publiée en 1942, la chose suivante : « Puisque c’est là le contenu des
Protocoles, ce que chacun se demande immédiatement, c’est s’ils sont
“vrais” ou “authentiques”. Cette question n’a aucun sens, car, comme l’a
fait remarquer avec raison René Guénon, “aucune organisation réellement
et sérieusement secrète quelle que soit sa nature, ne laisse derrière
elle des documents écrits”. Ce dont il y a lieu de parler, ce n’est pas
d’“authenticité”, mais de “véracité”.53 »
Un exemple concret de ce « judaïsme de l’esprit »
serait à chercher, selon Evola, dans les aspects anarchique, névrotique
et activiste du romantisme moderne… En ce sens, le judaïsme moderne,
l’esprit juif sécularisé et détaché de son ancienne tradition, une
thématique très fréquente dans les milieux antisémites du début du XXe
siècle, serait un instrument inconscient de diffusion de la modernité
et par conséquent un vecteur de la décadence moderne. Concrètement, ce
postulat s’est manifesté chez Evola par une forme d’antisémitisme
conspirationniste : « Le Juif, écrit Evola dès 1937, est spontanément
porté à fomenter et à soutenir toute idée libérale, démocratique et
internationaliste, tout simplement parce qu’aucun peuple n’a plus que le
peuple juif, en raison de sa condition, à gagner au triomphe
d’idéologies de ce genre et à l’élimination de tout ordre hiérarchique
et autoritaire, national et traditionnel.54 » Pour asseoir cette théorie, Evola formula le concept de « complot inconscient ». Pourtant, en 1953, dans Les Hommes au milieu des ruines,
il écrivait : « Quoi qu’il en soit, on peut se demander si ce sont
vraiment les Juifs qui sont à l’origine de ce plan destructeur qui a été
annoncé par les Protocoles et a été démontré, souvent avec une exactitude impressionnante, par les évènements qui ont eu lieu depuis sa publication. Les Protocoles
se réfèrent, tantôt aux Juifs, tantôt aux francs-maçons, ce qui n’est
pas tout à fait la même chose. Pour notre part, nous pensons qu’il est
plus prudent de parler simplement de dirigeants occultes de la
subversion mondiale. Il est indiscutable que de nombreux éléments juifs
ont déjà été utilisés par ces Chefs masqués, car, à cause de leurs
instincts et de la déformation de leurs idées traditionnelles, les Juifs
leur sont apparus comme les instruments les plus adaptés et les
qualifiés pour cela.55 »
Evola prônait donc plutôt une lutte contre l’esprit
juif, plus que contre les Juifs eux-mêmes, dans une logique assez proche
de celui de l’esprit bourgeois « ou si l’on veut contre la race de
l’esprit et la race de l’âme juives, mais non contre la race physique
juive »56.
En 1964, constant, il affirma que « toute polémique antisémite n’a
guère de sens, étant donné que les qualités qu’on peut éventuellement
déplorer chez les juifs, les “Aryens” actuels les ont tous autant, sans
même avoir la circonstance atténuante des précédents héréditaires »57.
En effet, selon Evola, les Juifs modernes sont organiquement lié au
troisième ordre, au monde capitaliste, « ni plus ni moins que les
bourgeois catholiques ou protestants »58. Il n’y aurait donc aucune subversion autre que celle du Tiers-État contre le monde traditionnel.
La production de textes antisémites correspond au
moment où il intégra dans ses références doctrinales les thèses des
auteurs catholiques intransigeants et conspirationnistes Emmanuel
Malynski et Léon de Poncins. Evola se référait, plus précisément, à La Grande conspiration d’Emmanuel Malynski, dont Léon de Poncins cosigna une version abrégée sous le titre La Guerre occulte. Juifs et Francs-Maçons à la conquête du monde59, qu’Evola traduisit et préfaça en 1939. Evola reprit en outre à son compte les spéculations des deux sur Les Protocoles des Sages de Sion. Il publia ainsi plusieurs articles sur ce sujet60.
Dans ceux-ci, il se penchait, outre la notion de « race spirituelle »,
sur le thème de la « guerre occulte », c’est-à-dire la guerre menée par
les sociétés secrètes, notamment la franc-maçonnerie, et par les Juifs
contre la « Tradition », et analysait l’action de ces dernières au
prisme de la « contre-initiation » guénonienne. Ces articles étaient
destinés à devenir un livre sur l’histoire des sociétés secrètes.
Celui-ci ne vit jamais le jour, suite à la paralysie d’Evola, mais les
articles furent réunis en 1993 par Renato Del Ponte61. En effet, Evola affirma dans son autobiographie, intitulée Le Chemin du Cinabre62,
qu’il avait réuni, lors d’un séjour à Vienne, des documents maçonniques
(en fait donnés par les services de la SS qui s’en étaient emparés). Il
s’était réfugié dans la capitale autrichienne à la suite de la prise de
Rome par les Alliés et avait été chargé par des responsables SS de les
étudier. Cependant, ces textes furent détruits lors d’un bombardement.
Selon Christophe Boutin, l’un des meilleurs
spécialistes français de la pensée évolienne, il est « assez difficile
de juger de l’antisémitisme d’Evola »63.
Au contraire, l’antisémitisme d’Evola ne fait aucun doute pour Philippe
Baillet, à la fois son traducteur, un ancien évolien et un excellent
connaisseur de sa pensée : « Paradoxe, l’itinéraire conduisant du
dadaïsme aux marges de la SS, en passant par les nombreux contacts au
sein de la “révolution conservatrice” allemande ? Paradoxe, le projet de
revue italo-allemande, en pleine guerre, qui aurait dû être co-dirigée
par Evola ? Paradoxe, les recherches raciologiques entamées de concert
avec Ludwig Ferdinand Clauss ? Paradoxe encore, l’introduction donnée à
l’édition Preziosi de 1938 des Protocoles des Sages de Sion ? Paradoxe toujours, le fait de soutenir que quand même les Protocoles
seraient un faux sur le plan matériel, leur “véracité”, elle, quant aux
coulisses de l’histoire, ne ferait aucun doute ? Simple paradoxe, la
longue collaboration à la revue La vita italiana de Preziosi, sorte de Henry Coston italien, mais en plus doctrinaire, donc plus fanatique ?64 ».
S’il est indéniable qu’il fit parfois preuve d’un antisémitisme
consternant, notamment vis-à-vis de Tzara qu’il côtoya pourtant
plusieurs années au sein de Dada, on ne trouve pas chez lui d’attaque à
l’encontre du peuple juif en tant que tel, comme on peut en trouver chez
d’autres antisémites, par exemple Léon de Poncins, Henri Coston ou
Giovanni Preziosi. Certes, il a écrit l’introduction de la version
italienne de 1938 des Protocoles des Sages de Sion. Il a même participé longuement à une revue violemment antisémite, La vita italiana.
Cependant, après-guerre, Evola écarta tout « antisémitisme vulgaire ».
Et c’est là le nœud du problème pour celui qui étudie l’antisémitisme
évolien : qu’est-ce qu’un « antisémitisme vulgaire » et qu’est-ce qu’un
antisémitisme qui ne le serait pas ?
En outre, corsant la difficulté, il n’y a, pour
Evola, aucune correspondance nécessaire entre le sang et l’esprit juif,
pas plus qu’entre l’aryanité physique et l’aryanité spirituelle. Il
avance même qu’on peut être à la fois Juif et bon aryen, ce qui ne
facilite pas le travail de l’observateur qui analyse ses thèses… Enfin,
Evola condamna d’ailleurs fermement après-guerre l’extermination des
Juifs d’Europe : « Pour ces massacres, connus dans un deuxième temps
seulement par la majorité du peuple allemand, aucune justification,
aucune excuse n’est valable.65 »
Ce propos n’est pas de circonstance. En effet, Evola était connu pour
son franc-parler hautain, parfois méprisant, au nom de ce qu’il appelait
l’« intransigeance de l’idée ». Toutefois, malgré ses justifications
tardives, Julius Evola participa, même s’il le fit de façon atypique et
complexe, au vaste courant antisémite ou judéophobe qui a marqué
l’Europe de la première moitié du XXe siècle, et au-delà. En
effet, aujourd’hui, il serait considéré comme un auteur fortement
révisionniste, à la limite du négationnisme, en particulier lorsqu’il
dédouanait la SS d’une partie de ses crimes.
Quoiqu’il en soit, les thèses raciales évoliennes
furent récupérées, réinterprétées et réutilisées par différents
groupuscules extrémistes de droite à partir des années soixante-dix, de
la Nouvelle Droite ethnodifférentialiste et traditionaliste66 aux néonazis racialistes, disciples du différentialisme völkisch
de Saint-Loup. Concernant cette dernière catégorie, on peut citer, pour
ne prendre que des exemples français, les rééditions des Éditions de
l’Homme Libre ou celles des Éditions du Lore, voire les identitaires
racialistes du magazine Réfléchir & Agir67.
De fait, les thèses évoliennes de la race sont stratégiques pour
l’extrême droite : elles permettent de formuler un discours raciste
et/ou racialiste qui échappe aux énoncés classiques de ce genre de
formulation et qui déconcerte les observateurs et/ou les militants
antifascistes/antiracistes.
Notes
1#
La « religion italique » est, selon la définition de Marco Pasi,
« l’étude de la tradition religieuse et spirituelle païenne de la Rome
ancienne ainsi que des auteurs qui, après la chute de l’Empire romain,
ont contribué à maintenir en vie des étincelles de cette tradition ».
Marco Pasi, « compte rendu de Politica Romana nº 4 », in Politica Hermetica,
nº 12, 1998, p. 286. En simplifiant le problème à l’extrême, on peut
affirmer qu’il existe deux grandes tendances au sein de cette « religion
italique » : premièrement, un paganisme romain qui se réfère à la Rome
impériale et qui voit dans le Saint-Empire Romain Germanique la
continuation de celle-ci, dont Evola est un représentant ; et
deuxièmement, un courant dit « orphyco-pythagoricien », plus
méditerranéen car il refuse les influences germaniques, incarné par un
autre ésotériste italien, le franc-maçon et théosophe Arturo Reghini.
Les partisans de cette forme d’ésotérisme considèrent cette « religion
italique » comme une alternative permettant à l’État italien de se
soustraire aux ingérences de l’Église catholique. Les partisans de la
religion romaine font très souvent preuve d’un antichristianisme
virulent.
2# Voir notamment, Gianfranco de Turris, Esoterismo e Fascismo : Storia, interpretazioni, documenti, Rome, Mediterranee, 2006.
3#
Julius Evola eut des contacts avec Wilhelm Stapel, Ernst Jünger, Edgar
Julius Jung, le prince Karl Anton von Rohan, Othmar Spann, Carl Schmitt,
Gottfried Benn, et peut être avec Oswald Spengler.
4# Dana Lloyd Thomas, Julius Evola e la tentazione razzista. L’inganno del pangermanesimo in Italia, Mesagne, Giordano Editore, 2006.
5# Nicola Cospito & Hans Werner Neulen (eds.), Julius Evola nei documenti segreti del Terzo Reich, Rome, Ed. Europea, 1986.
6# Hans T. Hansen, Julius Evola et la « révolution conservatrice » allemande, Montreuil, Les Deux étendards, 2002, pp. 61-64 et p. 75n. L’Ahnenerbe Institut avait
pour mission de gérer l’idéologie des SS. D’abord indépendant, il passa
rapidement sous le contrôle de la SS, avant d’y être intégré en 1940.
Himmler en devint le président en 1942. Outre un nombre important de völkisch, l’Ahnenerbe employait aussi des archéologues de renom comme Franz Altheim.
7# Christophe Boutin, Politique et tradition : Julius Evola dans le siècle, Paris, Kimé, 1992, p. 285.
8#David Bisson, René Guénon. Une politique de l’esprit, Paris Pierre-Guillaume de Roux, 2013, pp. 240-241.
9#
Hans F. K. Günther était un professeur d’« anthroposociologie » et le
principal théoricien des idées nordicistes dans les années 1920. Sa
doctrine était simpliste : il condamnait le métissage généralisé des
Européens et affirmait que le premier responsable du métissage était le
christianisme qui avait proclamé l’égalité de tous les hommes à l’image
de Dieu. Ses thèses allaient fournir une partie du credo racial du IIIe Reich.
10# Julius Evola, « Le malentendu du “nouveau paganisme” », L’Âge d’Or, n°6, 1986, p. 12 et p. 14.
11# Marie-Anne Matard-Bonucci, L’Italie fasciste et la persécution des juifs, Paris, Presses Universitaires de France, « Quadrige », 2012.
12#
Guido De Giorgio (1890-1957) était un philosophe traditionaliste,
« antimoderne », et orientaliste italien. Il fut aussi un théoricien de
la « religion italique ». Selon l’universitaire italien Piero Di Vona,
Guido De Giorgio inventa une forme de « fascisme sacré », différente du
fascisme politique profane, structurée sur le refus de la modernité :
« La “fascification” du monde est conçue par De Giorgio comme le retour à
l’esprit et à la norme traditionnels. C’est l’abolition de la
séparation, et le rétablissement de l’équilibre hiérarchique, entre la
contemplation et l’action, l’intellect et la raison, l’esprit et le
sentiment, la prééminence absolue de la contemplation et de la
connaissance étant sous-entendue […] Il faut se rappeler que sur le plan
politique, les deux déviations fondamentales sont, pour lui, le
despotisme et le démocratisme, tous deux contre-nature et aveugles, et
qu’il voit dans le despotisme l’arbitraire d’un seul. Il faudra aussi
réfléchir sur tout cela avant de prononcer des jugements injustes et
avant de tirer des conclusions hâtives. En réalité, les propensions et
les faiblesses personnelles comptent peu et ne signifient pas
grand-chose ici. Une sérieuse analyse comparée des idées ne différencie
pas seulement en profondeur le fascisme sacré de De Giorgio du fascisme
profane du régime fasciste, mais, en raison d’un contraste trop évident,
elle dévoile la nature parodique et impure de ce dernier. » Piero Di
Vona, Evola e Guénon. Tradizione e Civiltà, Naples, Società editrice Napolitana, 1985, p. 193.
13# In La Torre, 1er avril 1930. Repris in La Torre. Foglio di espressioni varie e di tradizione una, Il Falco, Milan, 1977. Cité in Jean-Paul Lippi, Evola métaphysicien et penseur politique, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1998, p. 253, note 148.
14# Julius Evola, Impérialisme païen avec un Appendice polémique sur les attaques du parti guelfe, Puiseaux, Pardès, 1993.
15# Julius Evola, « Autodéfense », Totalité, octobre 1985, n° 21-22, p. 87.
16# Julius. Evola, Synthèse de doctrine de la race, Paris, L’Homme libre, 2002.
17# Julius Evola, Éléments pour une éducation raciale, Puiseaux, Pardès, 1984, p. 74.
18# Marie-Anne Matard-Bonucci, L’Italie fasciste et la persécution des juifs, op. cit., pp. 91-97.
19# Philippe Baillet, « Les rapports de Julius Evola avec le fascisme et le nazisme », Politica Hermetica, n°1, 1987, pp.50-51.
20# Julius Evola, Orientations, Puiseaux, Pardès, 1988.
21# Anthony James Gregor, « The problem », in Roger Griffin & Matthew Feldman (ed.), Fascism. Critical Concepts in Political Science, Vol. 1, Londres, Routledge, 2004, p. 340.
22#Cf.
l’article d’Alain de Benoist, « Julius Evola, réactionnaire radical et
métaphysicien engagé. Analyse critique de la pensée politique de Julius
Evola », Nouvelle École, n° 53-54, 2003, pp. 147-169.
23# Florin Turcanu, Mircea Eliade. Le prisonnier de l’histoire, Paris, La Découverte, 2003, p. 283.
24# Eugen Weber, « Romania », in Hans Rogger & Eugen Weber, The European Right. An Historical Profile, Los Angeles/Berkeley, University of California Press, 1966, pp. 501-574. Voir aussi Eugen Weber, « The Men of the Archangel », in George Mosse (ed.), International Fascism: New Thoughts and Approaches, Londres, Sage Publications, 1979.
25#
Pierre-André Taguieff, « Julius Evola penseur de la décadence. Une
“Métaphysique de l’histoire” dans la perspective traditionnelle et
l’hyper-critique de la modernité », Politica Hermetica, n°1, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1987, p. 14.
26# Mariano Ambri, I Falsi fascismi. Ungheria, Jugoslavia, Romania 1919-1945, Rome, Jouvence, 1980.
27# Florin Turcanu, Mircea Eliade, op. cit., p. 179.
32# Pierre-André Taguieff, « Julius Evola, penseur de la décadence », art. cit., p. 11.
33# Joseph Arthur de Gobineau, Œuvres, vol. 1, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1983, pp. 1278-1979.
34# Outre les textes cités dans cet article, nous pouvons aussi donner comme référence : Julius Evola, « Razza e cultura », Rassegna Italiana, janvier 1934, pp. 11-16.
35# Francesco Germinario, Razza del sangue, razza dello spirit: Julius Evola, l’antisemitismo e il nazionalsocialismo 1930-1943, Turin, Bollati, Boringhieri, 2001 ; Marco Rossi, Esoterismo e razzismo spirituale : Julius Evola l’ambiente esoterico nel confitto ideologico del Novecento, Gênes, Name, 2007.
36# Giovanni Monastra, « Anthropologie aristocratique et racisme : l’itinéraire de Julius Evola en terre maudite », Politica Hermetica, n° 2, p. 71.
37# René Guénon, Le Roi du monde, op. cit., pp. 114-115.
38# Francesco Cassata, « Julius Evola and the spiritual Nordicism, 1941-1943 » in Aaron Gillette (ed.), Racial Theories in Fascist Italy, New York, Routledge, 2002, pp. 154-175.
39# Julius Evola, Le Mystère du Graal et l’idée impériale gibeline, Paris, Éditions Traditionnelles, 1967.
40# Jean-Paul Lippi, Evola métaphysicien et penseur politique, op. cit., pp. 69-71.
41# Sur l’anthropologie raciale de l’extrême droite, cf., Stéphane François, « La Nouvelle Droite et les Indo-Européens. Une anthropologie d’extrême droite », art. cit.
42#
Ludwig Ferdinand Clauss était un raciologue nordiciste et un
islamologue allemand, disciple de Husserl et du géographe Banse. Inspiré
par la phénoménologie, Clauss a développé une approche psychologisante
de la raciologie, proche du différentialisme. Cette approche l’a poussé à
renoncer à toutes approches biologisantes. Sur Clauss, voir Anne
Quinchon-Caudal, Hitler et les races. L’anthropologie nationale-socialiste, Paris, Berg International, 2013, pp. 140-145.
43#Cf. Julius Evola, « Razza, eredita, personnalità » in La difesa della razza, 5 avril 1942.
44# Christophe Boutin, Politique et tradition, op. cit., p. 188.
45# Julius Evola, Éléments pour une éducation raciale, Puiseaux, Pardès, 1984, p. 51.
47#Cf. Julius Evola, Tre aspetti del problema ebraico, Milan, Edizioni Mediterranee, 1936 ; Julius Evola, « La Guerra occulta: Ebrei i massoni alla conquista del mondo », La Vita italiana, Décembre 1936, pp. 645-655.
48# Christophe Boutin, Politique et tradition, op. cit., p. 195.
49# Julius Evola, Révolte contre le monde moderne, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1991, p. 295, note infrapaginale.
50# Julius Evola, Le Chemin du Cinabre, Milan/Carmagnola, Archè/Arktos, 1983, p. 151.
51# Otto Weininger, Sexe et caractère, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1975, pp. 246-247.
53# Julius Evola, Le mythe du sang, Paris, Éditions de L’Homme libre, 1999, p. 175.
54# Julius Evola, Écrits sur la franc-maçonnerie, Puiseaux, Pardès, 1987, p. 48.
55# Julius Evola, Les Hommes au milieu des ruines, Puiseaux/Paris, Pardès/Trédaniel, 1984, pp. 189-192.
56# Christophe Boutin, Politique et tradition, op. cit., 197.
57# Julius Evola, Le Fascisme vu de droite suivi de Notes sur le Troisième Reich, Puiseaux, Pardès, 1993, p. 93.
58# Christophe Boutin, Politique et tradition, op. cit., p. 197.
59# Emmanuel Malynski et Léon de Poncins, La Guerre occulte. Juifs et Francs-Maçons à la conquête du monde, Paris, Gabriel Beauchesne, 1936.
60#
Toutefois, il faut préciser qu’Evola s’intéressa au thème de la
« guerre occulte » dès les années 1920, lors de sa participation aux
groupes et revues éponymes Ur et Krur.
Il signa ainsi un article sur la « contre-initiation » du pseudonyme
d’« Arvo » (« Aperçu sur la contre-initiation »). Cet article a été
réédité dans Julius Evola, Ur & Krur, Milan. Introduction à la magie, t. III (Krur,
1929), Milan, Archè, 1986, pp. 209-224. Toutefois, il est important de
préciser que ce pseudonyme fut utilisé par d’autres personnes, dont les
articles furent réécrits par Evola.
61# Julius Evola, Phénoménologie de la subversion, Paris, L’Homme Libre, 2004.